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La fille aux cheveux noirs revint vers eux avec un sourire oblique, comme si elle avait deviné quelque chose avant eux. Elle s’était déjà délestée de son corsage, la peau luisante sous la chaleur des chandelles. Jean-Louis posa la main sur sa hanche avec une assurance presque provocante. – Par ma foi, celle-ci ne manque pas de courage. Louis ne répondit pas tout de suite. Il observait la scène, le rire de Jean-Louis, la manière dont la fille soutenait le regard de l’un puis de l’autre sans choisir. Il y avait dans cet échange une tension différente de celle du champ de manœuvre, plus sourde, moins réglée. La ribaude les dévisagea tour à tour. – Deux pour le prix d’un, dit-elle en riant. Je ne crains pas la fatigue. Jean-Louis lança un éclat bref. – Mille tonnerres, voilà parole honnête. Louis posa son verre avec lenteur. – Ventre-saint-gris, il faudra alors tenir la cadence. Ils échangèrent un regard, un de ces regards courts qui contiennent plus qu’une phrase. Ce n’était ni défi ni hésitation, plutôt la reconnaissance d’un terrain nouveau où l’un et l’autre avançaient ensemble. Ils passèrent le rideau sans cérémonie.

Couverture du roman Armes famille Le Prévost du Barail
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